Observatoire des marchés

Le marché du bois
et du granulé

Synthèse France et Europe 2024-2026 et projections 2027. Scieries, granulés, papier-carton, panneaux, isolants fibre bois — la filière bois recomposée en quelques chiffres clés.

Mis à jour en août 2026 — document professionnel BEA, actualisé à chaque parution trimestrielle CEEB / Propellet.

📄 Notes de conjoncture BEA

Synthèses trimestrielles et flashs événementiels sur les prix et tendances filière — envoi gratuit pour les clients BEA, sur devis pour les non-clients.

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Synthèse du mois — août 2026

Le granulé allemand
passe devant le français

Fin août 2026, le granulé vrac livré au particulier ressort à 422,80 €/t TTC en Allemagne contre 393 €/t TTC en France. Le rapport habituel s'est inversé : l'Allemagne, longtemps moins chère et exportatrice nette vers la France, affiche désormais une trentaine d'euros par tonne au-dessus du marché français.

La progression allemande est brutale — + 71 €/t en trois mois et + 1,5 % sur la seule dernière semaine. Le relevé du 27 août 2026 constitue le point haut des trois dernières années, très au-dessus du plancher de 242,92 €/t touché en août 2024 et de la moyenne triennale de 314,12 €/t. En France, la saisonnalité habituelle ne s'est pas produite : au lieu du creux estival, les prix sont restés sur un plateau haut depuis le printemps.

L'explication tient à la matière première, pas à la demande. Le granulé se fabrique très majoritairement à partir des connexes de scierie — sciures et copeaux de rabotage. Or la chaîne amont s'est grippée en Allemagne : la récolte de bois rond est tombée à 61 Mm³ en 2024, en recul de 13 % sur un an et loin des plus de 80 Mm³ de 2020-2021 dopés par les chablis de scolytes. Cette ressource exceptionnelle épuisée, le bois rond résineux se paie 130 à 133 €/m³ début 2026.

Les scieries allemandes se retrouvent prises entre des coûts d'approvisionnement records et des prix de sciages orientés à la baisse. Leur réponse est de réduire la production. Moins de bois scié signifie mécaniquement moins de sciure disponible, et donc une industrie du granulé contrainte non par sa capacité installée — environ 3,8 Mt en 2025 — mais par sa matière première.

Prix du granulé — relevés août 2026 et CEEB juin 2026

MarchéPrixDétailSource
France — vrac livré particulier393 €/t TTCFourchette régionale 369 – 432 €/t · relevé du 25/08/2026Relevé quotidien TotalEnergies (≈ 130 villes), compilé par Selectra
Allemagne — vrac livré particulier422,80 €/t TTC+ 1,5 % en une semaine · + 71 €/t en trois mois · relevé du 27/08/2026heizpellets24.de
Allemagne — sac482 €/t TTCRelevé du 27/08/2026heizpellets24.de
France — producteur, vrac départ usine273,7 €/t HT+ 18,7 % sur un an · juin 2026CEEB, enquête mensuelle producteurs granulés
France — producteur, sac départ usine288,3 €/t HT+ 16,5 % sur un an · juin 2026CEEB, enquête mensuelle producteurs granulés
France — producteur, big bag départ usine277,5 €/t HT+ 18,4 % sur un an · juin 2026CEEB, enquête mensuelle producteurs granulés

Attention à ne pas comparer directement les lignes entre elles : les prix producteurs sont HT départ usine, les prix particuliers TTC livrés. L'écart entre les deux couvre le transport, la distribution et la TVA.

La matière première, des deux côtés du Rhin

IndicateurFranceAllemagneLecture
Bois rond résineux payé par les scieriesn.d. — bois sur pied résineux courants à 64 €/m³ (2024, + 14 %)130 à 133 €/m³, ponctuellement 135 €/m³ (début 2026)Prix allemand au plus haut. Les deux valeurs ne sont pas directement comparables : la donnée française est un prix sur pied, l'allemande un prix rendu scierie.
Récolte annuelle de bois rondn.d. — se référer à l'Agreste et à la FNB61 Mm³ en 2024 (− 13 % sur un an)À rapporter aux plus de 80 Mm³ récoltés en 2020-2021, gonflés par les chablis de scolytes. Cette ressource exceptionnelle est épuisée.
Sciures résineuses — matière première du granulé61,8 €/t HT (T1 2026, + 7,7 % sur un an)Pas de cotation publique équivalente — marché tenduLa disponibilité en sciure suit mécaniquement le volume scié : moins de sciages produits, moins de connexes disponibles.
Activité de sciage résineux≈ 7,5 Mm³ par an, + 2 %En recul — réduction volontaire de production en 2026Holzkurier (août 2026) décrit une industrie « en marche arrière » : coûts de bois rond records face à des prix de sciages en baisse.
Capacité de production de granulés> 2,7 Mt pour ≈ 2,3 Mt consommées≈ 3,7 Mt produites en 2024, ≈ 3,8 Mt en 2025Le plafond allemand tient à la matière première, pas à la capacité installée.

Ce qu'il faut retenir

  • Le différentiel de prix qui rendait l'import d'Europe centrale intéressant s'est refermé, voire inversé. Les volumes autrichiens et allemands se recentrent sur leurs marchés domestiques.
  • La contrainte est amont et structurelle. Elle ne se résoudra pas par un simple retour de la demande : il faudrait que les scieries européennes réaccélèrent, ce qui suppose une détente sur le bois rond.
  • L'absence de creux estival en France prive le marché de son point d'entrée habituel. Les hausses de 20 à 50 €/t constatées les années précédentes à l'approche de l'hiver s'appliqueraient cette fois à un niveau de départ déjà élevé.
  • Côté producteurs français, la hausse est déjà passée dans les prix départ usine : + 18,7 % sur un an en vrac, + 16,5 % en sac (CEEB, juin 2026).

En bref

Tableau de bord 2025-2026

Huit indicateurs clés à retenir avant la lecture détaillée. Prix moyens nationaux, tendances annuelles et niveau de vigilance par segment.

Granulé vrac — prix distributeur

383 €/t TTC

+ 7,3 % / an

T1 2026 — CEEB · livré 5 T à 50 km

Granulé sac — prix distributeur

368 €/t TTC

+ 0,4 % / an

T1 2026 — CEEB · palette complète départ

Granulé vrac — prix producteur

274 €/t HT

+ 18,7 % / an

Juin 2026 — CEEB · départ usine

Granulé sac — prix producteur

288 €/t HT

+ 16,5 % / an

Juin 2026 — CEEB · départ usine

Sapin/épicéa — Choix 1 (avivés)

299 €/m³ HT

+ 8,1 % / an

T1 2026 — CEEB · planches 27 mm

Sciures résineuses

61,8 €/t HT

+ 7,7 % / an

T1 2026 — CEEB · matière première granulé

Bois sur pied (moyenne)

90 €/m³ HT

+ 7 % / an

2024 — Société Forestière

Bûches palette H1 33-40 cm

151 €/stère HT

+ 14,5 % / an

T1 2026 — CEEB · qualité chêne, charme, hêtre

Granulés — France et Europe

Une nouvelle phase
de croissance

Le marché européen des granulés de bois a basculé en 2025 dans une nouvelle phase de croissance après deux années de consolidation. Le retour de la confiance des ménages, la baisse du prix du gaz devenue moins concurrentielle face au granulé et le renforcement des aides à la transition énergétique soutiennent la demande.

En France, la dernière enquête CEEB mensuelle (juin 2026, publiée le 24 juillet 2026) confirme la tendance haussière sur les prix producteurs : vrac départ usine à 273,7 €/t HT (+ 18,7 % sur un an), sac à 288,3 €/t HT (+ 16,5 %), big bag à 277,5 €/t HT (+ 18,4 %). Côté distributeurs (dernière donnée T1 2026), le vrac livré 5 T à 50 km ressort à 382,7 €/t TTC.

Trois signaux marquants côté producteurs en juin 2026 : les stocks de sécurité chutent de -38,6 % sur un an (rentrée en saison de chauffe tendue) ; les exports français bondissent de +52 % sur un an (la France exporte massivement, notamment vers l'Europe du Nord) ; les imports remontent de +60 %pour compléter la demande domestique. La consommation française reste sur ~2,3 Mt en 2025 pour une capacité de production > 2,7 Mt.

En Europe, l'Allemagne reste le premier consommateur. La conversion progressive de papeteries en unités de granulation pèse sur la disponibilité européenne. L'Autriche et l'Allemagne du Sud, traditionnels exportateurs vers la France, recentrent leurs flux sur leurs marchés domestiques. L'Italie reste le premier marché du granulé sac. Pour les prix précis pratiqués sur ces marchés, se référer aux observatoires nationaux (FEFPRO Italie, DEPV Allemagne, proPellets Austria).

Marché de l'équipement domestique

Ventes d'appareils 2025
— le granulé tire la filière

Selon l'étude annuelle Observ'ER "Marché 2025 des appareils domestiques de chauffage au bois", le marché français total recule légèrement à 290 510 unités vendues (− 2,3 % vs 2024). Mais derrière cette stabilité apparente, la répartition par technologie bascule nettement en faveur du granulé.

Poêles à granulés

118 800

+ 35,0 %

Plus gros segment du marché

Inserts à granulés

4 950

+ 73,7 %

Plus forte progression

Chaudières à granulés

8 060

+ 17,7 %

Retour à la croissance

Marché total

290 510

− 2,3 %

Toutes énergies confondues

Détail par segment — Observ'ER 2025

SegmentUnités 2025Évolution 2024-2025Énergie
Poêles à granulés118 800+ 35,0 %Granulés
Poêles à bûches106 400− 22,8 %Bûches
Inserts à bûches25 350− 16,6 %Bûches
Foyers fermés à bûches15 850− 16,1 %Bûches
Chaudières à granulés8 060+ 17,7 %Granulés
Inserts à granulés4 950+ 73,7 %Granulés
Poêles mixtes3 650+ 51,5 %Mixte
Chaudières à bûches2 500− 27,5 %Bûches
Cuisinières (toutes énergies)2 750− 42,1 %Mixte

Lecture pour la filière granulés

Tous les segments granulés progressent simultanément en 2025 — poêles + 35 %, inserts + 73,7 %, chaudières + 17,7 %. À l'inverse, le bûche recule sur l'ensemble des segments (poêles − 22,8 %, inserts − 16,6 %, chaudières − 27,5 %). Cette inversion confirme la transition progressive du parc résidentiel français vers le granulé comme énergie de chauffage de référence, ce qui soutient structurellement la demande des prochaines saisons.

Source : Observ'ER — étude annuelle "Marché 2025 des appareils domestiques de chauffage au bois", disponible gratuitement sur energies-renouvelables.org.

Produits connexes scieries

La tension monte
sur les sciures

Les connexes — sciures, plaquettes, écorces, chutes — représentent une part croissante du résultat économique des scieries. Leur valorisation auprès des papetiers, panneautiers, granulateurs et chaudières biomasse constitue désormais un poste de revenu équivalent au prix du sciage de second choix. Granulateurs, panneautiers et papetiers se livrent à une concurrence directe pour la sciure, particulièrement aigüe en hiver.

ProduitPrix T1 2026ÉvolutionDébouché
Sciures résineuses61,8 €/t+ 7,7 %Granulés
Plaquettes scieries (humidité 30-40 %)63,3 €/t+ 8,0 %Chaufferie biomasse
Chutes scierie broyées61,5 €/t+ 1,7 %Panneaux particules
Broyats classe A (SSD)73,2 €/t+ 3,4 %OSB / particules
Écorces résineux broyées32,4 €/t+ 0,6 %Chaudières biomasse
Copeaux de rabotage54,0 €/t+ 1,9 %Granulés / panneaux

Dimensionnement filières françaises

Les usages du bois,
en proportion

Cinq grandes filières se partagent la ressource française. Le sciage résineux reste prépondérant en volume, mais les granulés affichent la croissance la plus forte parmi les usages industriels.

FilièreVolume FR / anCroissance 2025Acteurs phares
Sciage résineux7,5 Mm³+ 2 %Groupe Piveteaubois, Groupe Siat, Groupe Monnet-Sève, Groupe Fruytier
Papier-carton6,5 MtstableNorske Skog, VPK
Panneaux dérivés3,5 Mt+ 4 %Egger, Swiss Krono, Unilin
Granulés2,3 Mt+ 8 %Groupe Piveteaubois, Groupe Archimbaud, Biosyl
Isolants fibre bois0,2 Mt+ 10 %Steico, Isonat, Pavatex

Scieries françaises

Cinq grands bassins
industriels

La filière sciage française regroupe plus de 1 000 entreprises actives, fortement concentrée dans la production résineuse — épicéa, sapin pectiné, douglas et pin maritime représentent la majorité des volumes sciés annuellement. Pour les volumes, effectifs et chiffres d'affaires consolidés, se référer aux publications de la FNB (Fédération Nationale du Bois) et de l'Agreste.

Cinq grands bassins de production structurent la France industrielle du sciage. Le Grand Est et la Bourgogne s'organisent autour des Vosges, du Morvan et du Jura sur le couple douglas-sapin-épicéa, avec deux acteurs structurants : le Groupe Siat (historiquement implanté à Urmatt en Alsace, élargi en Bourgogne et plus récemment dans le Tarn) et le Groupe Fruytier (nouvelle scierie à La Roche-en-Brenil).

Le Massif Central (Corrèze, Plateau de Millevaches, Livradois-Forez) monte en puissance autour du douglas avec Fargesbois (groupe Piveteaubois) à Egletons et Panneaux de Corrèze (groupe Unilin) à Ussel.

Le bassin Rhône-Alpes est dominé par le Groupe Monnet-Sève, premier sciage résineux français, qui exploite plusieurs sites en Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne sur sapin, épicéa et douglas. Région également riche en isolants biosourcés (Isonat à Mably).

Le Sud-Ouest landais reste le pôle industriel le plus intégré d'Europe sur le pin maritime, avec Egger, Steico, Smurfit Westrock et Gascogne Bois. L'Ouest dispose d'un acteur structurant avec Piveteaubois à Essarts-en-Bocage en Vendée, leader français du bois lamellé-croisé.

Cartographie régionale — acteurs industriels de premier plan

RégionEssences dominantesActeurs industrielsSpécialité
Ouest (Bretagne, Pays de la Loire, Normandie)Pin maritime, pin sylvestre, peuplier, chêne, hêtrePiveteaubois (85), VPK Alizay (27)Construction bois (CLT, ossature), papier PPO
Nord-Est (Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté)Douglas (Morvan), sapin, épicéa, chêne, hêtreGroupe Siat (67 Urmatt, Bourgogne, 81 Tarn), Groupe Fruytier (21 La Roche-en-Brenil), Norske Skog Golbey (88), Pavatex (88), Egger Rambervillers (88)Sciage résineux + papier emballage + isolants + panneaux
Rhône-AlpesDouglas, épicéa, sapin, hêtreGroupe Monnet-Sève (multi-sites Auvergne-Rhône-Alpes / Bourgogne), Isonat Mably (42), Ducerf (71)1ère région française en emplois bois — sciage résineux + isolation
Centre France / Massif Central (Auvergne, Limousin)Douglas (Millevaches, Livradois-Forez), sapin pectiné, chêne, châtaignierFarges (19), Panneaux de Corrèze (19, Unilin)Bassin Douglas majeur — 1er producteur FR granulés et MDF
Sud-Ouest (Nouvelle-Aquitaine hors Limousin)Pin maritime massif landais, peuplier vallées, douglasEgger Rion-des-Landes (40), Steico Casteljaloux (47), Smurfit Westrock Tartas (40), Gascogne Bois (40)Pôle pin maritime le plus intégré d'Europe — palette + granulés
Centre-Loire (Centre-Val de Loire)Chêne (Sologne, Tronçais), douglas, châtaignierSwiss Krono Sully (45)Seul site OSB français + tonnellerie chêne

Synthèse non exhaustive — ne sont retenus que les acteurs industriels comparables aux papetiers (> 500 kt/an), panneautiers (> 300 kt/an de bois) ou grosses scieries (> 150 000 m³/an). Les PME régionales et scieries familiales, qui constituent le maillage essentiel de la filière, ne figurent pas individuellement.

Prix de la matière première

Du bois sur pied
aux sciages

Selon l'Indicateur des Ventes de Bois sur Pied 2024 (Société Forestière), le prix moyen du bois vendu sur pied par les propriétaires forestiers privés s'établit à 90 €/m³, en hausse de 7 % sur un an. Cette progression masque toutefois de forts contrastes par essence.

Bois sur pied — campagne 2024

EssencePrix 2024ÉvolutionCommentaire
Résineux courants (sapin, épicéa, pin)64 €/m³+ 14 %Tension forte, fin de la ressource scolytée allemande
Douglas89 €/m³+ 24 %Référence européenne — maturité plantations Massif Central / Morvan
Chêne228 €/m³- 3 %Ralentissement exports Chine, pression tonnellerie
Moyenne toutes essences90 €/m³+ 7 %Indicateur Société Forestière — propriétaires privés

Côté sciages, le Centre d'Études Économiques du Bois (CEEB) confirme au deuxième trimestre 2025 la stabilisation à un niveau élevé après la décrue 2023-2024. La hausse spectaculaire du sapin-épicéa Choix 0 (+ 54 %) traduit la raréfaction des gros bois résineux de qualité supérieure.

Sciages résineux — T1 2026

CatégoriePrix T1 2026Évolution / anTendance
Sapin / épicéa — Choix 1 (avivés 27 mm)299 €/m³ HT+ 8,1 %Hausse modérée
Sapin / épicéa — Choix 2 (madriers 75×225)272 €/m³ HT+ 12,8 %Hausse
Douglas — Choix 2 (madriers 63×150)354 €/m³ HT+ 8,9 %Hausse
Pin maritime — Choix 2 (madriers)316 €/m³ HT+ 6,0 %Hausse
Chêne plots QBA Ø ≥ 50 cm (sec séchoir)1 946 €/m³ HT+ 1,4 %Stable haut
Bois de palette (indice CEEB)Indice 211,7+ 1,0 %Stabilisation

Panneaux dérivés du bois

OSB, particules, MDF
stabilisation en 2025

Le marché européen des panneaux dérivés se stabilise en 2025 après une année 2024 difficile marquée par le ralentissement de la construction allemande et française. La Fédération Européenne des Panneaux (EPF) publie chaque année les volumes de production pour l'OSB et les panneaux de particules — les chiffres précis sont consultables sur europanels.org.

Côté France, plusieurs sites industriels majeurs sont en exploitation : Swiss Krono à Sully-sur-Loire (45, OSB), Egger à Rambervillers (88, panneaux de particules) et Rion-des-Landes (40, particules pin maritime), et Panneaux de Corrèze à Ussel (19, MDF, groupe Unilin). Le site d'Ussel, repris en 2015 par d'anciens salariés à la barre du tribunal puis vendu à Unilin en 2021, illustre la dynamique de relocalisation industrielle française sur le bois technique.

Isolants fibre et laine de bois

Un segment biosourcé
en croissance soutenue

Les isolants biosourcés en fibre et laine de bois occupent une part minoritaire mais croissante du marché de l'isolation en France. La filière est portée par la rénovation thermique, la RE2020 et la réorientation des donneurs d'ordre publics vers les matériaux biosourcés.

Les principaux acteurs industriels français et limitrophes :

  • Isonat à Mably (42, groupe Saint-Gobain) — laine et panneaux semi-rigides en fibre de bois.
  • Steico à Casteljaloux (47, racheté par Kingspan en janvier 2024).
  • Pavatex à Golbey (88, groupe Soprema) — panneaux fibre de bois rigides pour isolation extérieure et construction bois.
  • Gutex à Eschbach (Allemagne, à proximité de l'Alsace) — site stratégique pour le marché Est de la France.

Les isolants biosourcés valorisent une part croissante des connexes résineux issus des scieries françaises. Les perspectives à moyen terme demeurent favorables, sous réserve de stabilisation du marché de la rénovation et du maintien des dispositifs de soutien (MaPrimeRénov', RE2020). Pour des données chiffrées à jour, consulter les publications de l'ASIV (Association des Syndicats de l'Isolation Végétale) et de l'AICB.

Recomposition européenne

Faillites, acquisitions
et consolidation

La hiérarchie européenne du sciage résineux s'est recomposée en 2024 avec la montée en puissance de Binderholz (Autriche), qui devient le premier producteur européen, doublant Stora Enso. Pfeifer Group reste un acteur majeur sur plusieurs sites mais peine à intégrer la scierie finlandaise Pölkky rachetée en 2023.

L'événement marquant 2024-2025 reste l'insolvabilité du groupe Ziegler (Allemagne) déposée le 20 novembre 2024 — considérée comme la plus grosse défaillance de l'industrie européenne du bois depuis la crise financière de 2009. Depuis, l'ensemble des banques européennes finançant la filière a renforcé son niveau d'exigence sur les reportings financiers des opérateurs.

Côté papier-carton, la conversion historique se poursuit : Norske Skog Golbey (88) achève sa transformation vers le papier emballage (PPO) ; VPK Alizay (27) opère sur le même segment depuis 2023. Plusieurs sites français de papier graphique ont cessé tout ou partie de leur production en 2024-2025.

Sur les isolants biosourcés, Kingspan a racheté Steico (Casteljaloux 47) en janvier 2024, marquant la consolidation européenne du segment fibre de bois, porté par la rénovation thermique et la RE2020.

Marché espagnol

Une économie qui tire
la demande bois

L'Espagne s'impose ces dernières années comme un moteur économique de la zone euro, en croissance plus soutenue que la France ou l'Allemagne (Banque d'Espagne, INE). Ce dynamisme se traduit par une tension sur le marché du logement et une demande croissante de matériaux de construction, dont le bois — pour les volumes précis de permis de construire et indicateurs PIB, consulter les publications officielles INE et Banque d'Espagne.

L'Espagne reste une zone de débouché stratégique pour la France à plusieurs titres : Panneaux de Corrèze exporte vers Barcelone avec un avantage logistique réel, et plusieurs scieries du Sud-Ouest commercialisent en Espagne par voie routière via les autoroutes A63 (Bayonne-Irun) et A64 (Toulouse-Pyrénées), principaux corridors transfrontaliers du Sud-Ouest.

Biocombustibles solides — inventaire AVEBIOM

Pellets, plaquettes et noyau d'olive

L'Espagne se distingue par un mix de biocombustibles solides original : aux côtés des pellets et plaquettes classiques, le noyau d'olive (hueso de aceituna) constitue un combustible spécifique au pourtour méditerranéen, valorisé par les industriels du sud du pays.

Pellets

65

usines actives (+ 2 vs inventaire précédent)

  • 529 337 t produites en 2024 (− 22 % vs 681 706 t en 2023 — rééquilibrage post-stocks 2022)
  • 42 / 65 usines (65 %) certifiées ENplus®, soit ≈ 85 % de la production nationale
  • 1 usine certifiée SURE

Astilla (plaquettes)

64

producteurs actifs (stable vs 2024)

  • Capacité potentielle nationale ≈ 1,5 Mt/an, exploitée à 60-70 %
  • 30 plantes certifiées SURE
  • Concentration : Castille-et-León, Catalogne, Andalousie et nord de la péninsule

Hueso de aceituna

30

producteurs actifs (noyau d'olive)

  • Andalousie, Castille-La Manche, Estrémadure
  • 7 plantes certifiées BIOmasud®, dont 5 également SURE
  • Combustible spécifique méditerranéen, valorisé par l'industrie agroalimentaire du sud

Cartographie exhaustive des producteurs (nom, ville, production, certifications) référencée par AVEBIOM et utilisée par BEA dans son sourcing import. Document complet publié annuellement avec la revue Biomasa News et disponible sur avebiom.org.

Source : AVEBIOM — Asociación Española de Valorización Energética de la Biomasa, inventaire annuel des producteurs de biocombustibles solides en Espagne (édition 2025).

Crise économique 2025

Record historique
de défaillances

L'année 2025 a marqué un record historique de défaillances d'entreprises en France avec 69 957 procédures collectives ouvertes (+ 3,1 % sur un an), selon les greffes commerciaux. La filière bois n'échappe pas à cette tendance, particulièrement dans la deuxième transformation (charpentiers, menuisiers, fabricants de meubles) et dans le négoce de matériaux.

Le secteur du bâtiment, premier débouché du sciage français, a reculé en 2025 (FFB). La construction neuve résidentielle a touché un point bas historique avec des mises en chantier sensiblement inférieures à la moyenne décennale (source : SDES, MTE). La FFB anticipe néanmoins un retournement progressif à partir du second semestre 2026, soutenu par la baisse des taux d'intérêt et la relance des programmes d'investissement public. Pour les chiffres exacts, consulter ffbatiment.fr et statistiques.developpement-durable.gouv.fr.

Effets observés sur la filière :

  • Repli des commandes de bois de charpente et de menuiserie sur la première moitié 2026
  • Concentration accélérée du tissu de scieries familiales
  • Tension sur les délais de paiement, allongement structurel à 70-80 jours dans le sciage
  • Repositionnement des industriels sur les segments granulés et panneaux, moins exposés au cycle bâtiment
Document généré par intelligence artificielle à partir des sources publiques citées ci-dessous. Les chiffres et analyses sont fournis à titre indicatif. BEA n'engage pas sa responsabilité quant à leur exactitude ou leur utilisation — voir mentions légales.

Sources et méthodologie

Cet observatoire est compilé à partir des publications de référence de la filière. Mis à jour à chaque parution trimestrielle CEEB et Propellet.

Document de synthèse mis à jour en août 2026 à partir des sources publiques citées. Les indicateurs précis et chiffrés proviennent des publications officielles (CEEB, Société Forestière, etc.) et sont rafraîchis à chaque parution. Les passages qualitatifs sur la recomposition européenne et les filières connexes sont fournis à titre d'analyse générale, sans engagement de BEA (voir mentions légales). Pour échanger sur un segment précis ou recevoir une note dédiée, contacter l'équipe commerciale.